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Lettre ouverte à CJN! Appel à une attitude responsable (Adressée par Anne Petermann)

Saturday, January 26th, 2013

Adressée par Anne Petermann, directrice exécutive, Projet pour une
écologie globale et équitable, et par Orin Langelle, présidente du
conseil d’administration, Projet pour une écologie
globale et équitable (GIEP)

L’organisation “Projet pour une écologie globale et équitable”2 a été
l’un des fondateurs de CJN! à Bali en 2007. Elle a auparavant
participé à la construction de ce mouvement, en tant que co-fondateur
du Groupe de Durban pour une Justice Climatique en octobre 2004 et a
pris part à la Conférence des parties n° 10 de la Convention
structurelle des Nations Unies sur le changement climatique (UNFCCC
COP-10) 3 qui a suivi à Buenos Aires en 2004 (notre première
Conférence des parties pour le climat).

Depuis sa création comme alternative au Réseau pour une Action sur le
Climat (CAN)4, trop sensible aux sirènes du marché, réformiste et
dominé par les grosses organisations non gouvernementales5 CJN!est en
proie à des divergences philosophiques et stratégiques entre ses
différentes organisations membres. Nul doute que la coexistence de
forts groupes conservateurs avec des groupes radicaux et mouvements
sociaux moins puissants a produit au cours des années des débats
vivants, parfois frustrants, internes au CJN!
Mais pendant toute cette periode troublée, CJN! a joué un rôle
critique en apportant des avis et des perspectives provenant des
mouvements sociaux et des communautés concernées, non seulement dans
les Conférences des parties, mais aussi en direction du public
international grâce a un gros travail médiatique. L’organisation a mis
en lumière et critiqué les fausses solutions au changement climatique
privilégiées par les ONG conservatrices – depuis le commerce des
droits d’émission de carbone jusqu’aux agro-carburants et au programme
REDD6 – grâce à son écoute attentive des communautés concernées, des
organisations de base et des mouvements sociaux à travers le monde –
tout ceci afin d’aider au lancement de campagnes contre ces fausses
solutions. CJN! a joué un rôle crucial dans la définition de la lutte
pour la“justice climatique”, et l’a empêchée d’être sous l’emprise des
compagnies et de leurs collaborateurs. Il a dénoncé egalement la
méthode dominatrice de la Conférence des parties.

Du fait de son importance CJN! s’est vu attribuer un statut officiel
dans la hiérarchie interne de l’UNFCCC, le Réseau pour une Action sur
le Climat (CAN) a donc été obligé de partager avec lui la salle de
réunion et le temps d’intervention des ONG environnementales7 .

Toute cette activité et bien d’autres réalisations sont à mettre au
crédit du travail incessant de certains participants et médiateurs de
CJN! En particulier deux initiatives conjointes de CJN! et d’Agir pour
un climat équitable – l’action Reclaim Power et l’assemblée populaire,
menées à Copenhague lors de la Conférence des parties 15 – ont
constitué une incroyable démonstration de force du mouvement pour la
Justice climatique. C’est aussi ce qui a suscité une répression
exceptionnelle – depuis les arrestations préventives des organisateurs
de la manifestation, jusqu’aux coups portés par la police danoise à
des participants accrédités à la Conférence des parties et à
l’inculpation de pivots de l’organisation pour terrorisme.

Mais depuis lors, CJN! a connu de plus en plus de désordres internes.
Certains acteurs impliqués dans le mouvement ont fait de la
provocation, la liste de diffusion a été source de division et s’est
révélée par moment ingérable. Il a donc fallu prendre des décisions
concrètes pour résoudre ces problèmes; ce qui a été fait au cours du
face à face stratégique qui a suivi le Conférence des parties de
Cancun en 2010. Décisions incluant l’organisation d’une réunion
stratégique internationale en face a face pour les groupes
représentant les électeurs de base, ainsi que la mise en place d’une
liste de diffusion pour laquelle les participants devraient disposer
préalablement d’un référent (un système qui fonctionne très bien pour
d’autres listes de larges coalitions et alliances).
Ces décisions n’ont jamais été suivies d’effet. Un an plus tard, une
rencontre générale tout à fait distincte a été organisée
(vraisemblablement par le biais d’une équipe de médiateurs du CJN!)
afin de regrouper les militants de Justice climatique. Cela sous une
nouvelle bannière – celle de “Campagne générale pour exiger la justice
climatique ” (Global Campaign to Demand Climate Justice)”8. Comment en
est-on arrivé là? Bien sûr on peut toujours fonder de nouveaux groupes
et faire des meetings, mais est ce qui il ne faut pas d’abord honorer
ses engagements précédents?

Pendant les années de la montée en puissance de CJN!, différents
alliés nous ont fourni des informations sur des manoeuvres de coulisse
orchestrées et destinées, semble-t’il, à saper CJN! Mais nous n’avons
pas l’intention d’aggraver les luttes intestines et nous entendons
respecter la confidentialité des informations fournies par les
collègues. Nous voulons simplement établir les responsabilités et en
retour, nous reconnaitrons notre propre culpabilité dans les problèmes
de CJN!. Nous avons peut-être exercé trop de pression.
Avant la Conférence des parties de Durban, nous avons demandé à
l’équipe de médiateurs de CJN!, via la liste de diffusion, de démarrer
une liste de diffusion propre à Durban, afin de permettre aux groupes
affiliés à CJN!.et aux militants de fournir une aide pour coordonner
nos activités. Nous avons également envoyé des courriers électroniques
à ceux que nous pensions faire partie de l’équipe de médiateurs, avec
l’idée de publier une Newsletter de coordination pour faciliter le
partage d’information. Nous n’avons eu aucune réponse. Le GIEP, ainsi
qu’un autre groupe, a alors mis en place une liste de diffusion propre
et a pris contact avec le UNFCCC pour obtenir la salle des réunions du
matin.
On ne nous a jamais donné d’explication sur ce qui est arrivé à CJN!
entre Cancun et Durban. Mais d’après ce qu’on devine et d’après les
bruits qui courent, il semble que, par derrière, quelqu’un tirait les
ficelles pour saboter l’efficacité de CJN!.

L’affaiblissement volontaire de CJN! semble s’être confirmé à Durban
avec l’organisation de meetings parallèles en concurrence ouverte pour
obtenir la salle de réunion de CJN! – dont l’usage avait été accordé à
un meeting de CJN!. Les organisateurs de ces meetings parallèles,
composés de “négociateurs sérieux des ONG”affirmaient qu’ils avaient
la permission de l’équipe de médiateurs de CJN!. Ce groupe distinct a
amené la division dans les meetings de CJN! et aussi ruiné les efforts
de la lutte pour la Justice Climatique.

Et maintenant on peut voir un appel sur la liste de diffusion de CJN!
pour rejoindre le Réseau pour une Action pour le climat (CAN) à Doha.
Depuis lors, nous avons reçu une avalanche de mails de la part de gens
appartenant à Justice Climatique pour demander ce qui se passe avec
CJN!.

Nous nous demandons aussi comment CJN! peut espérer se renforcer en
rejoignant une organisation aussi réformiste et compromise que le
Réseau pour une Action pour le climat (CAN). La force d’une chaine se
mesure à son maillon le plus faible, et ce n’est pas en ajoutant une
quantité de maillons faibles qu’on va la renforcer.
Qu’est ce qui s’est passé? Pourquoi les décisions prises au meeting de
Cancun n’ont-elles jamais été suivies? Pourquoi la main tendue
n’a-t-elle pas été saisie ? Pourquoi ce meeting sous cette bannière
complètement nouvelle de “Campagne globale pour exiger un climat
équitable” ? Quel est le rôle de cette campagne ? Qui a pris ces
décisions ? Où est le sens des responsabilités? Y a-t’il une équipe de
médiateurs de CJN! et si c’est le cas, qui en fait partie? Et quel est
le statut actuel de CJN!?

Nous sommes persuadés que le mouvement de lutte pour la Justice
climatique doit pouvoir comprendre, à des fins d’évaluation, ce qui
s’est passé à CJN!. Si on ne tire pas les leçons de ses erreurs, on
risque de les répéter. Nous sommes à un moment critique de l’histoire
de l’humanité et ce sont tous les systèmes indispensables à la vie sur
terre qui sont en question. Cette lettre est un appel à la
transparence, dont le but est la mise en place d’une organisation
démocratique et la fin des manipulations occultes.

CJN! a été fondé sur des principes révolutionnaires ; il a mis en
avant des critiques fondamentalement opposées au marché et a fait
connaitre les vues et les exigences des communautés situées en
première ligne mais qui n’ont pas voix au chapitre, bien qu’elles
soient les premières concernées par le changement climatique. Il a
donné une voix cruciale au mouvement pour une justice climatique. Il
suffit de se reporter à la déclaration de Poznan et à la déclaration
de Copenhague pour s’en souvenir :

Déclaration de Poznan

UN AGENDA RADICALEMENT NOUVEAU POUR PARVENIR A UNE JUSTICE CLIMATIQUE
Déclaration de Poznan publiée par l’alliance « Justice Climatique
Maintenant ! »
12 décembre 2008
Des membres de « Justice Climatique maintenant ! » ─ alliance
mondiale de plus de 160 organisations ─ sont à Poznań depuis deux
semaines pour suivre de près les développements des négociations des
Nations Unies sur le climat.
Cette déclaration représente notre point de vue sur la Conférence des
Parties n°14 et présente nos principes pour réaliser la justice en
matière de climat.
L’urgence de la justice pour le climat
Nous ne pourrons pas stopper les changements climatiques si nous ne
changeons pas l’économie néolibérale basée sur les grandes
entreprises, qui nous empêche de parvenir à des sociétés durables. Il
faut mettre fin au processus de globalisation par les grandes
entreprises.
La responsabilité historique pour la grande majorité des émissions de
gaz à effet de serre incombe aux pays industrialisés du Nord. Bien que
la responsabilité première du Nord à réduire ses émissions ait été
reconnue par la Convention, ses habitudes en matière de production et
de consommation continuent à menacer la survie de l’humanité et la
biodiversité. Il est urgent que le Nord passe rapidement à une
économie de faible production de carbone. Dans le même temps, afin
d’éviter de suivre ce modèle dangereux d’industrialisation à fortes
émissions de carbone, le Sud a droit à des ressources et des
technologies pour faire la transition.
Nous pensons que toute « vision partagée » pour faire face à la crise
climatique doit commencer par la justice en matière de climat et une
remise en question fondamentale du modèle de développement dominant.
Les Peuples Indigènes, les communautés de paysans et de pêcheurs, et
spécialement les femmes de ces communautés, vivent en harmonie avec la
Planète et sur un mode durable, depuis des millénaires. Ils ne sont
pas seulement les plus affectés par le changement climatique, ils le
sont aussi par les fausses solutions proposées, comme les
agro-carburants, les méga-barrages, la modification génétique, les
plantations d’arbres et les systèmes de compensations de carbone. En
lieu et place des programmes inspirés par les marchés, leurs pratiques
durables devraient être vues comme offrant les vraies solutions au
changement climatique .
L’UNFCCC EN CRISE
Les gouvernements et les institutions internationales doivent
reconnaître que les mécanismes de Kyoto n’ont pas réussi à réduire les
émissions de gaz à effet de serre.
Les principes de la Convention structurelle des Nations Unies sur le
changement climatique (UNFCCC) – responsabilités communes mais
différenciées, équité intergénérationnelle, et principe du
pollueur-payeur ─ ont été sabordés en faveurs des mécanismes du
marché. Les trois principaux piliers de l’accord de Kyoto : le
mécanisme pour un développement propre, la mise en œuvre conjointe et
les programmes d’échanges des émissions ─ ont été complètement
inefficaces dans la réduction des émissions et cependant restent au
centre des négociations.
Kyoto est basé sur des mécanismes d’échange de carbone qui permettent
aux pays du nord de continuer comme si de rien n’était en finançant
des projets de « développement propre » dans des pays en développement
ou en transition. C’est un programme conçu délibérément pour permettre
aux pollueurs de se soustraire à la réduction de leurs émissions de
carbone. Les projets de mécanismes de développement propre, qui sont
censés soutenir le « développement durable » incluent des projets
d’infrastructure tels que de grands barrages, des centrales au charbon
et des plantations d’arbres en monoculture. Non seulement ces projets
ne réussissent pas à réduire les émissions de carbone, mais elles
accélèrent la privatisation et la mainmise du monde naturel par les
grandes entreprises au détriment des communautés locales et des
Peuples Indigènes.
Les propositions mises sur la table à Poznan vont dans la même direction.

Dans les négociations en cours, les pays industrialisés continuent à
baser leurs actions sur leur propre intérêt, en utilisant toutes leurs
tactiques de négociation pour échapper à leur obligation de réduire
les émissions de carbone, de financer les adaptations et les
compromis, de transférer des technologies vers le sud. Dans leur
poursuite de la croissance à tout prix, de nombreux gouvernements du
sud participant aux pourparlers bradent les droits de leurs peuples et
leurs ressources. Nous leur rappelons qu’un accord sur le climat n’est
pas un accord commercial.

Les principaux protagonistes de la stabilité climatique ─ les Peuples
Indigènes, les femmes, les familles de paysans et d’agriculteurs, les
communautés de pêcheurs, les communautés vivant de la forêt, les
jeunes et les communautés marginalisées et défavorisées dans le Sud et
le Nord du monde, sont systématiquement exclus. Malgré des demandes
répétées, les Peuples Indigènes ne sont pas reconnus comme
participants officiels aux négociations . La voix des femmes et les
considérations relatives à la situation particulière du fait de leur
sexe, ne sont pas non plus reconnues et incluses dans le processus.
En même temps, les investisseurs privés planent au-dessus des
discussions comme des vautours, fondant sur toutes les occasions pour
créer de nouveaux profits. Les groupes de pressions industriels et
financiers ont étendu leur influence et monopolisé l’espace de
conférence à Poznan. Il y avait au moins 1500 représentants de lobbies
à Poznan, soit comme ONG ou membres de délégations gouvernementales.
Le programme de Réduction des Émissions Provenant de la Déforestation
et de la Dégradation des Forêts (REDD) pourrait créer la plus
importante échappatoire jamais fournie au régime climatique, offrant
aux pollueurs du Nord une opportunité de plus pour acheter des
exemptions à l’obligation de réduire les émissions. En ne mentionnant
pas la biodiversité ou les droits des Peuples Indigènes, ce programme
pourrait inciter très fortement certains pays à brader leurs forêts,
expulser les communautés Indigènes et paysannes, transformer les
forêts en plantations arboricoles sous contrôle de grandes
entreprises. Les plantations ne sont pas des forêts. La privatisation
et l’expropriation par le biais de REDD ou de tout autre mécanisme
doivent être stoppées
La Banque Mondiale essaie de se creuser une niche dans le régime
international du changement climatique. C’est inacceptable, d’autant
que la Banque continue de financer des industries polluantes et de
pousser à la déforestation par la promotion de l’exploitation
industrielle du bois et des agro-combustibles. Le Fonds
d’Investissement pour le Climat, récemment lancé par la Banque, va à
l’encontre des initiatives gouvernementales aux Nations Unies et
encourage des industries sales, comme le charbon, tout en forçant les
pays en développement à entrer dans une relation fondamentalement
inégale d’assisté face à un donneur d’aide. Le système de partenariat
carbone-forêt de la Banque Mondiale ayant pour but de financer REDD à
travers un mécanisme carbone-forêt sert les intérêts de compagnies
privées et conduit à ce que les forêts deviennent traitées comme des
denrées.
De tels développements étaient à prévoir. L’idéologie de marché a
totalement infiltré les négociations sur le climat et les négociations
de l’UNFCCC sont maintenant des foires commerciales colportant des
opportunités d’investissements.
LES VRAIES SOLUTIONS
Les solutions à la crise climatique ne viendront pas des pays
industrialisés et du grand capital. Les solutions efficaces et
pérennes viendront de ceux qui ont protégé l’environnement ─ les
Peuples indi-gènes, les femmes, les familles de paysans et
d’agriculteurs, les communautés de pêcheurs, les communautés vivant de
la forêt, les jeunes et les communautés marginalisées et défavorisées
dans le Sud et le Nord de la planète. Ces solutions comprennent :
– Mettre en place des économies à bas niveau de carbone sans avoir
recours aux compensations et à de fausses solutions telles que
l’énergie nucléaire et le « charbon propre », tout en protégeant les
droits de ceux qui sont affectés par la transition, en particulier les
travailleurs.
– Ne pas extraire les carburants fossiles.
– Mettre en œuvre la souveraineté alimentaire et énergétique des peuples.
– Garantir le contrôle des ressources naturelles par les communautés.
– Relocaliser la production et la consommation. Donner la priorité
aux marchés locaux. – Pleine reconnaissance des droits des Peuples
Indigènes, des communautés paysannes et locales.
– Énergie propre et renouvelable contrôlée démocratiquement.
– conservation des ressources juridiquement garantie, qui applique
les droits territoriaux des indigènes et promeut la souveraineté des
peuples, la propriété publique de l’énergie, des forêts, des
semences, de la terre et de l’eau.
– Fin de la déforestation et de ses causes sous-jacentes.
– Fin des excès de consommation des élites dans le Nord comme dans le Sud.
– Investissements massifs dans les transports publics.
– Assurer l’égalité des sexes en reconnaissant les injustices
existantes et en impliquant les femmes dans les processus de
décision.
– Annuler les dettes illégitimes revendiquées par les gouvernements
du Nord et les IFI. Le caractère illégitime de ces dettes est
souligné par les dettes historiques, sociales et écologiques beaucoup
plus importantes du Nord envers le Sud.

Nous nous trouvons à la croisée des chemins. Nous appelons à un
changement radical de direction pour mettre la justice et les droits
des peuples au centre de ces négociations sur le climat.

Dans la période que précède la Conférence des Parties n°15 de 2009 à
Copenhague, et au-delà, l’alliance « CJN!» continuera à suivre de près
les gouvernements et à mobiliser les forces sociales du Sud et du Nord
pour obtenir justice dans la lutte climatique.

La déclaration de CJN! à Copenhague
L’appel à « changer le système, pas le climat » réunit un mouvement mondial
L’accord indigne de Copenhague révèle un gouffre entre les
revendications des peuples et les intérêts des élites.
La très attendue Conférence des Nations Unies sur le Changement
Climatique de Copenhague a débouché sur un accord de dupe, manigancé
par les USA et parachuté au dernier moment. « L’accord » n’a pas été
adopté, mais a été « pris en note », une invention législative absurde
conçue pour convenir aux USA et permettre à Ban Ki-moon de prononcer
cette déclaration ridicule « nous avons un accord ».
La conférence des Nations Unies a été incapable d’apporter des
solutions à la crise climatique, ni même une avancée minimale vers ces
solutions. Au contraire, les négociations ont complètement trahi les
nations appauvries et les états insulaires, ont jeté les Nations unies
et le gouvernement danois dans la plus grande confusion. Alors que
l’objectif central de la conférence était de limiter les émissions de
gaz à effet de serre, il a en finalement été très peu question. Les
pays riches et développés ont continué à retarder toute négociation
sur des réductions drastiques et contraignantes, préférant plutôt
reporter le fardeau sur les pays les moins développés, et ne montrant
aucune volonté de réparer les dégâts qu’ils ont causés.
La coalition CJN!, aux côtés d’autres réseaux, s’est jointe à l’appel
pour « changer le système, pas le climat » durant la Conférence des
parties n°15. La conférence de Copenhague sur le climat a, quant à
elle, montré que les solutions réelles, par opposition aux fausses
solutions basées sur le marché, ne pourront être adoptées tant que
nous n’aurons pas triomphé d’un système économique et politique
injuste.
À Copenhague, les responsables de gouvernement ou les grands patrons
n’ont fait aucune tentative pour satisfaire les attentes du monde
entier. Les fausses solutions et les multinationales ont complètement
phagocyté le processus des Nations Unies. Les élites mondiales
voudraient pouvoir privatiser l’atmosphère au travers des marchés
carbone, dépecer les forêts, broussailles et prairies du monde entier
en violant les droits des peuples indigènes et en s’accaparant les
terres; remplacer les vraies forêts par des plantations arborées
d’essence unique ; transformer les surfaces agricoles en puits de
carbone, et, enfin, finir de privatiser le bien commun. En pratique,
chaque proposition discutée à Copenhague était basée sur le désir de
créer des nouvelles opportunités de profit plutôt que sur la volonté
de réduire les émissions.
À Copenhague, les seules discussions sur des solutions réelles ont eu
lieu dans les mouvements sociaux. Climate Justice Now !, Climate
Justice Action et le Klimaforum 09 ont permis d’articuler des idées
novatrices et tenté de diffuser ces idées dans la Conférence des
Nations Unies par le biais de la « déclaration des peuples » du
Klimaforum 09 et des assemblées populaires « Reclaim Power »9. Parmi
les états, les pays de l’ALBA, de nombreux états africains et les
membres de l’AOSIS ont souvent fait écho aux messages du mouvement
pour la justice climatique, en parlant de la nécessité de payer pour
la dette climatique, de créer des fonds pour l’adaptation et la
réduction des émissions hors de la logique des institutions
néolibérales comme la Banque Mondiale et le FMI, ou encore de garder
l’augmentation globale de la température en dessous de 1,5 degré.
Les Nations Unies et le gouvernement danois ont servi les intérêts des
pays riches et industrialisés, excluant nos voix et celles des moins
puissants à travers la planète ; ils ont tenté de faire taire nos
demandes de négocier sur des solutions réelles. Néanmoins, nos voix se
sont renforcées, et unifiées jour après jour pendant les deux semaines
de la conférence. Au fur et à mesure que nous nous renforcions, les
mécanismes mis en œuvre par les Nations unies et les autorités
danoises pour permettre la participation de la société civile se sont
révélés de plus en plus dysfonctionnels, répressifs et
anti-démocratiques, à l’instar de ce qui se passe à l’OMC ou à Davos.
La participation des mouvements sociaux a été limitée tout au long de
la conférence, drastiquement restreinte durant la deuxième semaine, au
milieu de laquelle de nombreuses organisations de la société civile se
sont vu retirer leurs accréditations. Dans le même temps, les
multinationales poursuivaient leur lobbying à l’intérieur du Bella
Center.
À l’extérieur de la conférence, la police danoise a déployé un système
répressif, menant de vastes opérations contre le droit à la libre
expression, arrêtant et portant des coups à des milliers de personnes,
dont des délégués de la société civile auprès de la conférence des
Nations Unies. Notre mouvement a surmonté cette répression, et a
continué à protester encore plus fort. Nos manifestations ont
rassemblé plus de 100 000 personnes au Danemark, pour exiger la
justice climatique, pendant que les mouvements sociaux du monde entier
ont mobilisé des centaines de milliers d’autres personnes au cours de
manifestations locales pour la justice climatique. Malgré la
répression menée par le gouvernement danois et les exclusions pilotées
par les Nations unies, le mouvement pour « changer le système, pas le
climat » est désormais plus fort que lors de notre arrivée au
Danemark.
Bien que Copenhague ait été un désastre pour les solutions justes et
équitables au changement climatique, il marque un tournant
enthousiasmant du combat pour la justice climatique. Les
gouvernements défendant l’intérêt des élites n’ont aucune solution à
offrir, mais le mouvement pour la justice climatique a proposé une
vision forte et des alternatives claires. Copenhague restera un
événement historique pour les mouvements sociaux mondiaux, et, à
l’instar de Seattle et de Cancun, sera considéré comme un moment
crucial où les divers agendas de nombreux mouvements sociaux se sont
unis et renforcés, pour demander d’une même voix de changer le
système, pas le climat.
La coalition Justice climatique maitenant! appelle les mouvements
sociaux du monde entier à se mobiliser pour soutenir la justice
climatique.
Nous ne mènerons pas notre lutte lors des négociations sur le climat
seulement, mais sur le terrain et dans les rues, pour promouvoir de
véritables solutions, qui incluent ;
de laisser les combustibles fossiles dans le sous-sol et investir dans
l’énergie renouvelable, appropriée, efficace, sûre, propre et
contrôlée par les communautés
deréduire drastiquement le gaspillage, avant tout et surtout dans le
Nord, mais aussi par les élites du Sud
des transferts financiers énormes du nord vers le sud, en tant que
réparations des dettes climatiques, soumis à un contrôle démocratique.
Les coûts d’adaptation et d’atténuation doivent être financés par la
réorientation des budgets militaires, par des taxes innovantes et par
l’annulation de la dette.
la garantie juridique de la conservation des ressources, qui renforce
les droits des peuples indigènes à la terre et promeuve la
souveraineté des peuples sur l’énergie, les forêts, la terre et l’eau;
une agriculture et une pêche familiales et durables, la souveraineté
alimentaire des peuples

Nous réaffirmons notre engagement dans la construction d’un mouvement
vaste et divers, localement et mondialement – pour un monde meilleur.

Anne Petermann directrice exécutive de Projet pour une écologie
globale et équitable
266 Elmwood Avenue, Suite 307 Buffalo, NY 14222

VIDEO: PROTEST of THE PEOPLE inside UN CLIMATE CHANGE NEGOTIATIONS COP17

Monday, December 12th, 2011

TO WATCH VIDEO CLICK HERE: Hundreds of Activists Protest Inside COP17 demanding CLIMATE JUSTICE NOW!


This video filmed by Rebecca Sommer (© Sommerfilms) shows parts of the CLIMATE JUSTICE NOW! (CJN!) movement’s press conference, and our protest inside the halls at the last day of the UN Climate Change negotiations COP17. Kumi Naidoo , executive director of Greenpeace (member of CJN!) was banned from UN premises after leading this protest. Many others, such as Anne Petermann (member of CJN!) have been thrown out as well., their UN badges revoked because they participated ion the protest. Background why the people protested: A central piece of what is being negotiated here at COP17 is the Green Clmate Fund, with a goal of raising $100 billion for adaptation and mitigation projects, but most of the funding is being linked to programs like carbon markets and offsets (REDD+, CDM), which allows companies to continue polluting and ignores the need to drastically reduce our use of fossil fuels, and not simply try to offset them with other projects.
Protesters have said they want that their voices are heard.
They are calling for the World Bank to be taken out of climate finance, a reference to the predominance of private financing and market mechanisms in all funding solutions for climate change reduction projects being discussed at the conference. A central piece of what is being negotiated is the Green Clmate Fund, with a goal of raising $100 billion for adaptation and mitigation projects, but most of the funding is being linked to programs like carbon markets and offsets, which allows companies to continue polluting and ignores the need to drastically reduce our use of fossil fuels, and not simply try to offset them with other projects.
Protesters are also calling for a recognition of historic climate debt: that developed and Northern countries have predominantly been the cause of man-made green house gas emissions, and that they have the responsibility to take a frontline position in cleaning up the problem. This historic reality was included in Kyoto Protocol, but Canadian Environment Minister Peter Kent recently called such demands “guilt money”